Enfance et jeunesse dans la société

La Jeunesse, transition vers l’âge adulte
Les psychologues emploient le terme d’ « adolescence » quand les sociologues ou les anthropologues parlent plus volontiers de « jeunesse ». A quelles réalités sociales et historiques se reporte donc le terme de jeunesse ? Qu’est ce que la jeunesse ? Combien de temps dure-t-elle ? Quelles sont ses caractéristiques ? etc. Une approche socio-anthropologique permet d’appréhender la jeunesse comme étant une période de transition entre l’enfance et l’âge adulte où se « fabrique » l’identité sociale et sexuée de l’individu. La jeunesse apparaît alors autant comme une phase d’apprentissage de la société que comme une phase d’intégration sociale. Temps de maturation, elle privilégie ainsi les expérimentations en tout genre, celles du corps comme celles de l’esprit.
Le concept anthropologique de « rite de passage » offre une grille de lecture pertinente pour appréhender les expériences de la jeunesse actuelle. Dans les sociétés traditionnelles en effet, le passage à l’âge adulte est codifié, institutionnalisé par le biais de rites dits « d’initiation » alors que dans nos sociétés, cet encadrement rituel s’est progressivement délité. Quels sont les points communs et les points de divergence entre ces deux manières d’envisager la sortie de l’enfance ? Comment se construit-on aujourd’hui dans nos sociétés en tant qu’adulte ? Sur la base de quelles expériences ? Peut-on encore parler de rites d’initiation aujourd’hui ? Et si oui, sous quelle forme ?

Jeunesse et prise de risque
Dans différents domaines (risques sexuels, comportements addictifs, conduite de véhicule, etc.,), les politiques de prévention/répression ciblent tout particulièrement les jeunes. En effet, quand pour beaucoup d’entre eux, le passage à l’âge adulte se passe sans trop de heurts, pour d’autres au contraire, ce passage pour des raisons sociales, culturelles ou psychologiques n’est pas aussi évident. Dans ces cas-là, les jeunes auront tendance à recourir aux conduites à risques pour se convaincre qu’ils ont eux aussi leur place dans le monde. Les statistiques s’accordent à montrer que les conduites à risque se différencient entre les filles et les garçons; il y a violence dans les deux cas: une violence "invisible" et, le plus souvent, tournée vers soi pour les filles et une violence plus spectaculaire et visible dans la sphère publique pour les garçons. La délinquance juvénile (au sens de transgression de la loi), à propos de laquelle les enquêtes montrent qu'elle est majoritairement masculine (même si cela varie selon la nature de l'acte délictueux) constitue une forme de prise de rique. Comment aborder ces expériences de transgression que sont les conduites à risques et la délinquance juvénile ? Quel sont les enjeux de la prise de risque dans le passage à l’âge adulte ? Quel sens social peut-on leur donner ? Et enfin, quel est le rôle des prises de risques dans la construction de l’identité masculine ou féminine ?

L’entrée des jeunes dans la sexualité
Sur la base des enquêtes sociologiques menées en France sur la sexualité, il s’agira de montrer les spécificités de la sexualité des jeunes, dans la mesure où elle prend place dans un moment de la biographie où l’individu n’est pas encore tout à fait adulte. Elle pourra être abordée sous l’angle des risques qu’elle présente mais aussi dans son aspect contributif à la construction de l’identité masculine et fémine du futur adulte.