Les personnes âgées

Relations intergénérationnelles
Avec l’allongement de l’espérance de vie, s’annonce le remplacement progressif du modèle familial à trois générations par le modèle à quatre voire à cinq générations. Dans le même temps, les solidarités familiales sont fragilisées par le grand nombre de jeunes sans qualification, par la précarité des familles monoparentales, par les difficultés rencontrées par les familles nombreuses et par le poids d’anciens en perte d’autonomie. Pour la première fois en 2006, la Conférence de la famille, après s’être penchée sur la politique familiale à l’égard de la petite enfance, l’enfance ou l’adolescence, s’est consacrée à l’intergénérationnel. Les réseaux familiaux, leurs échanges, l’entraide familiale constituent en effet des sujets neufs dans le champ de la politique familiale. A quelles solidarités la génération des 50-60 ans est-elle aujourd’hui appelée à la fois envers leurs enfants et leurs parents vieillissants ? Quels substituts trouve-t-on pour suppléer éventuellement à l’aide intra-familiale ? Qui dans la famille est sollicité pour aider les aînés ? Entre les arguments de principe qui opposent ceux qui craignent un affaiblissement des solidarités publiques et ceux qui craignent un affaiblissement du lien de filiation, une évidence s’impose : l’importance des besoins sociaux à satisfaire. Une politique publique de soutien aux aidants familiaux est donc en train de se développer : création d’un congé de soutien familial, Plan « Solidarité Grand âge ».

La place des personnes âgées dans la société
La vision que nous avons collectivement de cet âge de la vie, après une période de très grands changements, a perdu de sa précision et de sa simplicité et nous n’avons plus les clés sociales et culturelles pour l’appréhender. Il est facile de noter que les différents discours qui circulent sur la question oscillent aujourd’hui entre une vision positive qui se félicite des gains d’espérance de vie, vus comme une sorte de « victoire de la longévité » et une vision plus négative qui, tout de suite après le cri de victoire, s’empresse d’imaginer tous les problèmes que va poser immanquablement la présence de tant de personnes âgées. La vieillesse est donc prise dans ce paradoxe où, de plus en plus présente socialement avec une augmentation forte du nombre de personnes vivant aux âges les plus élevés, elle est aussi de plus en plus difficile à appréhender. Autrement dit, bien qu’ayant parmi nous et autour de nous de plus en plus de personnes âgées, nous les connaissons peut-être de moins en moins bien et nous ne savons pas très bien comment nous situer par rapport à elles. Il semble d’ailleurs qu’elles-mêmes ne savent pas très bien définir leur place. Les enquêtes montrent régulièrement que les vieilles personnes ressentent aussi l’ambivalence de leur situation, prises entre la revendication du droit à profiter pleinement d’une retraite méritée après une longue vie de travail, et le regret parfois de n’être pas plus utile après le départ à la retraite. Elles en montrent aussi la fragilité et combien le bien-être d’une personne âgée tient parfois à peu de choses et peut se détériorer très vite quand son entourage proche se transforme. Nous nous interrogerons sur les raisons de la dévalorisation de la vieillesse à l’époque contemporaine dans notre société. Nous verrons comment le recours de plus en plus fréquent à des auxiliaires de vie et à aux institutions médicalisées supplée aux solidarités familiales et répond à des besoins nouveaux.